Où l'on parle d'une pelouse volante

Publié le par Sébastien Martineau

On est le 26 juillet. C'est lundi. Et il pleut. L'Allemagne n'a pas gagné la Coupe du monde et le NRW a un gouvernement régional minoritaire SPD-Grüne, avec Hannelore Kraft à sa tête. Ah, et puis du coup, Angela a perdu sa majorité au Bundesrat. L'actu est funky.

Mais bon, c'est les vacances. Alors Angela va à Bayreuth (c'est en Bavière), profiter de l'ouverture de son festival préféré, le festival de Bayreuth, où on joue du Wagner pendant un mois, devant des gens qui ont attendu dix ans pour avoir des tickets. A Bayreuth, Angela retrouve Guido, à qui elle continue de faire croire qu'il est ministre des Affaires étrangères. Même s'il parle anglais comme Jean-Pierre Raffarin. Ce qui est un vrai challenge pour un allemand.

Ça fait au moins dix jours qu'on n'a pas fait évacuer un train pour cause de grosse chaleur. Pas que les trains de la Deutsche Bahn se soient soudainement auto-guéris de leur manque d'entretien, non, juste que l'été est terminé. On attaque tranquillement l'hiver, fin juillet. Ça m'évitera d'avoir à ressortir ma garde-robe d'automne. Comment ça vous n'avez pas de garde-robe d'automne?! Vous avez du bol qu'il y ait le changement climatique pour rattraper le coup...

 

En pelouse volante avec Tjerk, Peter et Dachs

Je vous avais parlé de cette caravane qui parcourait l'Europe en faisant du stop, avec à son bord deux sympathiques Néerlandais et un chien. Ils voulaient relier les trois capitales européennes de la culture : la Ruhr, Pécs et Istanbul. Ils l'ont fait, en deux temps, avec un petit détour par l'Expo universelle de Shanghai pour Tjerk, le chanteur à la chapka. Ils ont rencontré des tas de gens, qui ont bien voulu les tracter un peu plus loin. Et comme ils avaient gardé un bon souvenir de la Ruhr, ils sont revenus dimanche, à Essen, partager un petit-déjeuner avec certaines de ces personnes.

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Ils avaient installé la caravane - qui a fait l'objet d'une quantité impressionnante de reportages un peu partout où ils sont passés - au bord du Flying Grass Carpet, un autre projet voyageur, en forme de pelouse-tapis volant. Ils étaient visiblement ravis de revoir tous ces amis de quelques heures ou quelques jours. Voilà, c'était rien de spectaculaire. Juste un projet un peu loufoque né d'une conversation entre potes. Et que des types sympas, vraiment foncièrement sympas, ont transformé en vrai voyage de 3.000 bornes jusqu'à Istanbul.

 

Ils partiront plus en voyage

Et dans le train pour me rendre à Essen, hier, je suis passé à Duisbourg. J'imagine que vous avez entendu parler de Duisbourg et de sa Love Parade. J'étais pas sûr d'avoir envie de vous en parler. Mais quand j'y pense, c'est le premier truc dont j'ai parlé ce matin à mes collègues. Et puis on y est revenu ce midi. Et je me suis surpris à chercher à en savoir davantage. Alors j'imagine que ça me travaille un minimum.

Je regarde peu la télé parce que mon téléviseur est en panne. J'ai tout de même regardé sur internet ce qu'en disait le Heute Journal de la ZDF. Ils en parlaient plutôt bien. Dignement. Plus que le nombre affolant de victimes pour ce qui devait être un grand rassemblement festif, je crois que ce qui m'a choqué, c'est de m'imaginer dans quelles conditions sont mortes ces vingt personnes (on a appris le vingtième décès ce soir). Ecrasées par la foule. Ou asphyxiée par elle. Une mort complètement conne. Conne comme la réaction des autorités après le drame. Cherchant avant tout à échapper à leurs responsabilités.

Des morts connes, il y en a tous les jours. Mais là c'était à Duisbourg, à moins d'une heure de Cologne. Tout un tas de gens que je connais de près ou de loin y étaient ou auraient pu y être. Moi aussi. J'ai pas de grande leçon à en tirer. Juste que je me sens rarement concerné par les morts à la télé, et là ça m'a foutu un coup.

Publié dans Oh! de Cologne

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