J'ai rencontré... Hartmut, 44 ans, membre du collectif SSK

Publié le par Sébastien Martineau

Les deux magasins de SSK ne passent pas inaperçu sur le Ring de Cologne, où l'on est plus habitué à voir des immeubles de bureaux et des enseignes de meubles hors de prix. Ici, on ne vend que de l'occasion, comme me l'a expliqué Hartmut, qui tenait la caisse hier après-midi.

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C'est un drôle de magasin que vous avez ici.


Oui, c'est un magasin associatif. Nous ne vendons que des choses que nous récupérons. Chez des particuliers qui veulent s'en débarrasser, chez des personnes décédées
dont les biens ne sont pas réclamés... On appelle ça Entrümplung (déblaiement). On se déplace, on trie et on revend tout ce qui est en bon état ou réparable : meubles, vaisselle, livres, etc. C'est comme ça que l'on finance notre association, la Sozialistische Selbsthilfe Köln (auto-assistance socialiste Cologne). Le reste, on essaye au maximum de le recycler.

Et vous êtes installés ici depuis longtemps?

Moi je suis là depuis cinq ans, mais la SSK existe depuis quarante ans. A l'époque, l'idée a été lancée par un groupe d'étudiants en pédagogie. Aujourd'hui, nous sommes quatorze à vivre ici et il y a une autre petite communauté de neufs personnes dans le quartier d'Ehrenfeld. Les membres ont entre 19 et 65 ans et il y a constamment trois ou quatre nationalités différentes. Ça pose parfois des problèmes de compréhension, mais globalement, ça marche bien. Il faut que chacun prenne sa part du travail et se responsabilise.

Existe-t-il beaucoup de collectifs de ce genre dans la région?

Non, pas beaucoup. Il y en a un autre un peu similaire sur Cologne, qui était lié au nôtre à l'origine. Et je sais qu'il y a eu des communautés à Düsseldorf, à Wuppertal, mais je crois qu'elles n'existent plus. Ici, nous avons l'avantage d'être chez nous. Nous ne pouvons pas être expulsés. L'immeuble, nous en avons hérité et il appartient à l'association. Tout ce que nous rapportent les ventes va dans la caisse commune. Chacun reçoit juste un peu d'argent de poche, même pas ce que touche un chômeur. C'est de la "pauvreté choisie" si on veut.

Il y a des valeurs que vous défendez en particulier?

Le collectif est très impliqué dans la scène de gauche locale. Quand il y a des manifestations, on en fait souvent partie. Et certains de nos membres sont particulièrement actifs dans la lutte antifasciste, antiprison...

Nous sommes aussi sensibles à l'écologie. Nous avons choisi un fournisseur d'électricité écolo (Ökostrom Anbieter), EWS Schönau, qui fournit une électricité non-nucléaire. Nous avons aussi installé une chaudière à bois. Là aussi, on utilise un maximum de bois de récupération et sinon on va en couper en forêt. Il y a beaucoup de forêts dans les environs.



Hartmut vit à Cologne depuis vingt ans. Il a étudié la théologie, avant de devenir libraire. Une activité qu'il n'a pas complètement abandonnée, à voir l'important rayon livres d'occasion du magasin.
 

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