From Cologne with news (10)

Publié le par Sébastien Martineau

Une sélection des informations qui m'ont marqué ces derniers jours, dans le NRW et au-delà. En bref et en liens. Cette semaine, la suite du feuilleton des élections régionales et une exposition sur les déportés juifs et tsiganes, à l'occasion des 65 ans de la fin de la Deuxième Guerre mondiale.



Le siège qui manque à la coalition rouge-verte... Les négociations engagées à la suite du scrutin de dimanche dernier en NRW n'ont toujours pas abouti. Les sociaux-démocrates du SPD et leurs alliés Verts, à qui il ne manque qu'un siège pour obtenir la majorité au Parlement de Düsseldorf, ont exploré différentes options cette semaine. Ils peuvent faire le choix de s'allier soit avec le parti antilibéral Die Linke (11 sièges), soit avec les libéraux du FDP (13 sièges).

Photos-1 1423A Cologne, les affiches de campagne n'ont pas encore été enlevée.
Ici, une candidate de la CDU a fait les frais de l'inspiration d'un passant.


Si l'on raisonne à la française, l'alliance sur la gauche semble la plus naturelle, mais Die Linke et le SPD entretiennent des relations difficiles, qui ont déjà fait échouer des coalitions par le passé. Une partie des responsables du SPD rejettent fermement l'idée d'une telle alliance.

L'option d'un accord avec les libéraux du FDP n'est pas naturelle pour autant. Leur politique ouvertement dirigée vers une classe moyenne aisée, des entrepreneurs en majorité, pose déjà des problèmes à la chancelière Merkel, on imagine les différents qui pourraient apparaître avec la gauche. Le FDP, en chute dans les sondages, a pris une claque dimanche dernier, mais continue à vouloir imposer ses conditions. Les libéraux ont ainsi claqué la porte des négociations cette semaine, trouvant intolérable que des discussions se poursuivent à la fois avec eux et Die Linke.

Quelle que soit la coalition choisie, elle le sera à contrecœur. Parmi les autres possibilités toujours envisageables : une "grande coalition" SPD-CDU, ou bien une coalition jamaïquaine (noire-jaune-verte) CDU-FDP-Verts... Cela montre à quel point les Allemands sont ouverts à des alliances a priori contre-nature, mais qui parviennent parfois à fonctionner bon gré, mal gré.

 


 

Donner des visages aux déportés. Hier, je venais de rater un train et j'ai décidé de profiter de la première journée ensoleillée depuis... pfff, ça fait tellement longtemps que j'en ai étais tout émotionné... je disais donc d'en profiter pour aller faire un tour et quelques photos. C'est là que je suis tombé par hasard sur une exposition en plein air dont j'avais entendu parler. Elle est installée aux abords des voies ferrées, entre la gare centrale et le pont Hohenzollern.

Photos-1-1431.jpgLà on découvre de grands panneaux avec de vieilles photos d'identité en noir et blanc, alignées sur des dizaines de mètres. Il y a en fait deux parties distinctes : sur certains des panneaux - les premiers sur lesquels je suis tombé - de nombreux visages sont manquants. On les a remplacés par des silhouettes anonymes. Il s'agit de tsiganes, 351 au total, arrêtés dans le Nord de la France et en Belgique, amenés d'abord au camp de transit de Malines, puis déportés à Auschwitz, le 15 janvier 1944, dans un convoi appelé le "Transport Z" (Z pour Zigeuner, tsigane en allemand). Aucun d'eux n'a survécu. Pour beaucoup, il a été impossible de trouver une photo.

De l'autre côté, tous les visages sont bien là. Les photos ont été retrouvées dans des dossiers de l'administration nazie, qui n'avaient pas été détruits. Il s'agit de ressortissants juifs, envoyés à Auschwitz en avril 1943, avec le "Konvoi XX". Le trajet entre Malines (Belgique) et Auschwitz avait été marqué par l'action héroïque de trois jeunes hommes, qui avaient stoppé le train pour libérer les déportés. 232 personnes, sur 1.638, ont ainsi pu s'évader, parmi lesquelles 119 ont survécu jusqu'à la fin de la guerre, cachées par la population belge.

Photos-1-1434.jpgLe prospectus de l'exposition "Open memory" rappelle que "presque tous les tsiganes vivant aujourd'hui à Cologne ont perdu des parents assassinés par les nazis". Les deux parties de l'exposition ont été prêtées par le musée La Coupole (Saint-Omer, France) et le Musée juif de la déportation et de la Résistance (Malines, Belgique). Elle est visible jusqu'au 24 mai.


Revue de web :

  • un article consacré aux cinéastes d'origine turque en Allemagne, sur le site "Bleu, Blanc, Turc".
  • un reportage d'Arte sur un lieu mythique de Berlin, le Tacheles, qui risque de disparaître.
  • une initiative intéressante menée par les étudiants en journalisme de l'IJBA (Bordeaux) : Berlin Kultur Lab.

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