Conseil d'intégration : où sont passés les électeurs?

Publié le par Sébastien Martineau

Si des cris de joie ont retenti dans les camps des candidats à l'annonce des résultats, le constat est flagrant : les étrangers de Cologne ne se sentent pas concernés par cette élection. Avec 7,8% de participation, on est loin des 16,7% enregistrés en 2004, où l'on avait choisi le vote par correspondance uniquement.

Photos-1-0476.jpgLes résultats ont été annoncés un peu avant 20 heures par le maire de Cologne, Jürgen Roters (SPD), dans l'enceinte de l'hôtel de ville historique. Le choix du lieu se voulait un symbole important, comme l'a souligné la responsable du service intégration de la Ville, Marlis Bredehorst. « C’est la première fois que les résultats de cette élection sont donnés ici. C’est aussi la première fois que le maire de Cologne est présent. » Celui-ci a remercié les quelque 190 candidats, répartis sur 19 listes. « C’est un beau jour pour l’intégration dans notre ville. »

Reste que pour 146.731 personnes appelées aux urnes, étrangères ou récemment naturalisées, moins de 12.000 se sont exprimées. 11.380 votes valides en tout et pour tout. Juste avant l’annonce des résultats, le directeur du conseil d’intégration, Andreas Vetter, espérait pourtant voir le score de 2004 dépassé. Sans doute espérait-il que la décision en 2009 de rendre les conseils d’intégration obligatoires pour toutes les villes de NRW comptant plus de 5.000 résidents étrangers serait perçue comme un autre symbole fort et mobilisateur.

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Dans la salle, où chaque candidat était venu accompagné de supporteurs, cette faible participation n'a pas semblé gâcher le plaisir des nouveaux élus. Tout juste a-t-on senti un peu de tension entre les deux principales listes, la « Liste des démocrates à Cologne » (première en 2004) et la « Liste colonaise » (première cette année), qui trustent chacune quatre des vingt-deux sièges mis en jeu ce dimanche. Le candidat tête de liste de cette dernière, Malik Karaman, avait la particularité d'être également membre du conseil municipal, au sein du groupe SPD, ce que certains n'ont pas manqué de trouver étrange, plutôt à juste titre. Pourquoi se poser en candidat alors qu'il aurait pu prendre l'un des onze sièges réservés aux conseillers municipaux? Sans doute pour que cette liste puisse être identifiée à un visage connu.

On le voit, le conseil d'intégration a beau n'être qu'une chambre consultative, elle n'échappe pas aux manœuvres politiques. Toutefois, le scrutin a permis de prouver qu'un certain nombre de jeunes gens issus de l'immigration, nés en Allemagne pour la plupart, étaient prêts à s'investir en politique. Ce qui permet de contraster un peu le bilan négatif de ces résultats.

Publié dans Cologne

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