A small town in Germany

Publié le par Sébastien Martineau

« Voilà une journée typique de Bonn, je crains. Parfois le brouillard est un peu plus froid, alors on appelle ça l'hiver. Parfois il est plus chaud, et c'est l'été. Vous savez ce qu'ils disent de Bonn : soit il pleut, soit les passages à niveau sont baissés. En fait, bien sûr, les deux se produisent parfois en même temps. Une île coupée du monde par le brouillard, c'est ce que nous sommes. C'est un endroit assez métaphysique ; les rêves ont quasiment remplacé la réalité. Nous vivons quelque part entre le futur proche et un passé pas si proche. »

Une ville constamment endormie dans le brouillard... C'est Bonn vue par John Le Carré, ancien agent du MI6 reconverti en romancier, dans "Une petite ville en Allemagne". L'histoire d'une disparition. Celle d'un employé allemand de l'ambassade du Royaume-Uni, dans ce qui était alors - à la fin des années 1960 - la capitale temporaire de l'Allemagne de l'ouest. Une ville oppressante pour un roman oppressant. Pas le meilleur de Le Carré, non. Mieux vaut lire "L'espion qui venait du froid". Et rien à voir avec le fait que celui-là se passe à Berlin.

Enfin, la description de Bonn par Le Carré est un peu cruelle. Ou alors le brouillard a disparu depuis les années 1960. Quoi qu'il en soit, je connaissais Bonn avant de lire ce bouquin. Et ma première impression avait été plutôt négative. Il faisait gris. J'avais eu l'impression d'une ville avec beaucoup d'églises et peu de vie. Et me voilà Bonnois.

Bla-bla sur Bonn...

Bonn est une assez grosse ville - plus de 300.000 habitants - mais qui vit un peu dans l'ombre de Cologne, à une trentaine de kilomètres au nord, en aval du Rhin. Je pense que ceux qui découvrent Bonn pour la première fois peinent à croire qu'elle ait pu être une capitale. C'est peut-être l'humour allemand... Choisir une petite ville, à l'ambiance très provinciale, et décider d'en faire le siège du gouvernement, des ambassades, du Parlement... C'est un peu comme si on décidait de délocaliser Paris à Limoges ou au Puy-en-Velay.

Il se trouve que c'est Konrad Adenauer, futur chancelier et à l'époque maire de Cologne, qui a imposé Bonn comme capitale "provisoire". Un provisoire qui va durer de 1949 à 1990. Bonn est même restée le siège du Parlement et du gouvernement fédéral jusqu'en 1999.

Cliches-de-Bonn--1- 2687

Que dire de Bonn aujourd'hui? Que le centre-ville y est tout à fait charmant, sans doute l'un des plus jolis de la région. Que l'on y trouve des chaînes de magasins présentes dans toutes les villes d'Europe. Au moins quatre McDo, deux Starbucks. Que l'on y boit de la Kölsch, comme à Cologne et parfois de la Bönnsch. Que l'on y entend parler tout un tas de langues exotiques, en raison de la présence de plusieurs agences de l'ONU, des services du ministère allemand des Affaires étrangères, d'une université, de plusieurs structures spécialisées dans le développement.... Il y a beaucoup d'étrangers. Ce qui casse un peu le côté provincial de la ville.

On y trouve une gare centrale déprimante, une cathédrale qui s'appelle Münster (et pas Dom), une statue de Beethoven, une Maison de Beethoven, une place Beethoven, une rue Beethoven, une fête Beethoven. On y trouve des tas de musées avec des noms à rallonge (comme le Centre d'art et d'expositions de la République fédérale d'Allemagne), un opéra en forme de chaussure en béton, avec des écailles qui changent de couleur, un pont Kennedy, une rue Charles-de-Gaulle (bien cachée), des villas hors de prix avec vue sur le Rhin.

Et finalement, je suis revenu sur ma première impression. C'est pas si mal d'être Bonnois. Parfois, on parvient même à convaincre quelques Colonais de venir jusqu'ici. En banlieue sud.

Pour voir les albums photos consacrés à Bonn, c'est par ici, et par là.

Publié dans Oh! de Bonn

Commenter cet article

Cha 23/02/2011 20:15


Ben oui! C'est chouette à Bonn! Je me souviens de ma première soirée au ciné, c'était à Bonn!
Et Adenauer a choisi Bonn pour capitale, parce qu'il y vivait et parce que Bonn n'avait pas été tellement détruit pendant la deuxième guerre mondiale.
L'opéra, les divers théâtres, les musées, tout cela montre encore aujourd'hui que Bonn était une GRANDE ville :-)